David Bowie l'a expérimenté lui aussi tout comme les dadaïstes avant lui et d'autres, comme un outil d'écriture ouvrant de nouvelles perspectives.
"Afin d’accomplir leur projet les dadaïstes avaient recours au rejet de la raison et de la logique, du jeu des convenances et des conventions, à la dérision et l’humour, adoptant systématiquement une posture irrespectueuse et extravagante vis-à-vis du passé. Préférant bien loin des traditions l’appropriation de nouveaux outils, source d’émergence de nouvelles images, de valeurs plastiques et verbales telles que le hasard, l’automatisme, les objets trouvés mais aussi l’instant créateur, toujours dans ce but de destruction, une lame de fond résolue à tout détruire,
tout balayer comme l’affirme Tzara dans le Manifeste de 1918, « il y a un grand travail
destructif, négatif à accomplir ». Il s’agit de faire table rase du passé. Le hasard est alors érigé en premier principe d’un anti-art, art de l’absurde et du non sens. « Plus d’inspiration, d’intention créatrice, d’esquisse préparatoire et de plan, le hasard devient la source même de la création. ». En recourant consciemment au hasard, en l’invitant dans l’acte créatif, l’artiste cherche une forme de détachement, de non maîtrise et de spontanéité vis à vis du résultat. Bien avant que le mot « dada » ne soit prononcé à Zurich en 1916, « l’esprit dada », existait déjà à Paris et New York dans les activités de Marcel Duchamp, Francis Picabia, Man Ray ou encore du poète Jacques Vaché. Marcel Duchamp en particulier, par sa volonté de bouleverser la raison, de détruire les conventions, les tendances et techniques immémoriales de la peinture, anticipera sur la démarche de Dada.
Lorsque Tzara dans l’un de ses textes les plus célèbre. « Pour faire un poème Dadaïste »(1920), propose sur un ton de recette de cuisine de nous apprendre à faire un poème dadaïste de la façon suivante : « Pour faire un poème dadaïste Prenez un journal. Prenez des ciseaux. Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème. Découpez l’article. Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac. Agitez doucement. Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre. Copiez consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac. Le poème vous ressemblera. Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire. » Tzara tend par cette recette à abolir la poésie comme objet et comme forme. Le hasard apparaît une fois de plus comme outil venant servir à marquer une rupture violente avec la tradition, tout comme Duchamp vis-à-vis de la peinture. Car Dada ne se cantonne pas seulement à la critique de la peinture mais va bien au-delà en ciblant tous les éléments constituants de la société occidentale, artistiques aussi bien que non-artistiques." (Augustin Manaranche)
Le hasard et l'automatisme, en écritures ou en dessins ont toujours été pour moi très motivants. Je pratique toujours. Je commence par dessiner sans idée de départ, je fais des formes , des lignes, puis souvent cela devient des personnages. Ensuite j'écris ce que je ressens de ces dessins, sur le dessin lui-même. c'est une activité très libératrice, un vrai moment de pure "liberté" pour moi. C'est une pratique que tout le monde devrait explorer de temps en temps qui ne demande pas du tout de savoir dessiner ou écrire.

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